CARL GUSTAV JUNG Sur l’âme et ses symboles


Carl Gustav Jung est né sur la rive Suisse du lac de Constance. Son père, pasteur, s’installa à proximité de Bâle. C’est dans cette ville qu’il fit ses études et acquit le titre de médecin. Il entre alors à l’hôpital psychiatrique du canton de Zurich. Il y est élève. Après avoir soutenu sa thèse sur la « Psychopathologie des phénomènes dits occultes », il devient disciple et ami de Freud, qu’il quitte cinq ans après pour fonder une nouvelle école de « psychologie analytique ». Il fonde en 1948 l’institut « JUNG » à Zurich.

Découverte de « l’inconscient collectif », fondement de l’imagination, commun à tous les peuples à travers les âges, et qui se manifeste dans les religions, les mythes, l’alchimie…

Jung a beaucoup voyagé en Afrique noire, en Afrique du nord, aux Indes et en Amérique où il étudia particulièrement les coutumes des Indiens « Pueblos ». Il s’efforça toute sa vie de dépasser une attitude purement descriptive de la maladie mentale et de la comprendre de l’intérieur.
S’il fut d’abord attiré par les travaux de Freud (avec qui il se lia d’amitié durant 5 années), l’esprit de système de son aîné l’éloigna peu à peu de lui; Jung ne pouvait accepter une conception de l’énergie psychique (la libido) limitée, pour les besoins d’une théorie, à l’impulsion sexuelle.
La rupture survint après la parution de « Métamorphoses et symboles de la libido » en 1912 dans laquelle Jung exposa sa théorie sur la notion de l’inconscient collectif. Il décrit une structure quaternaire de la psyché, avec 4 fonctions psychologiques caractérisant les différents types humains:
1.    Pensée ;
2.    Intuition ;
3.    Sentiment ;
4.    Sensation .
Ces 4 fonctions forment un instrument que l’individu doit manier pour évoluer.

Sa vision de l’homme est dynamique, et on peut la résumer par ces 2 concepts: le devenir, et la transformation. En l’homme, le monde devient conscient de lui-même par la formation d’un Moi. Mais le renforcement unilatéral de ce dernier ne doit pas dépasser une certaine limite. Au delà, le Moi tend à oublier son lien avec l’océan d’où il sort, l’arbre se sépare de ses racines, se dessèche ou produit des fruits monstrueux. Sur le plan collectif ce seront alors des déchaînements sauvages: les exemples abondent au 20ème siècle. Chez l’individu, c’est la névrose, affection mentale où l’inconscient, nié, réclame sa part. La névrose n’est donc pas liée uniquement à des évènements du passé notamment infantiles, comme pour Freud, mais à une situation actuelle. Rétablir le passage sans heurt du courant psychique, source de renouvellement, tel est le but de l’exploration intérieure.

La persona : c’est la partie de nous, apparente, éclairée, que l’on montre aux autres. C’est notre Moi social.
L’ombre : partie inconsciente de notre personnalité, non exposée à la lumière. Ce sont toutes les potentialités que nous n’exploitons pas, mais pas forcément que nous réprimons.

Il existe un équilibre entre la « persona » et « l’ombre » car sinon rien de spontané ne pourrait avoir lieu. Ils dépendent tous deux du contexte socioculturel.

L’inconscient collectif : ses modes de manifestation sont les « archétypes » qui désignent les images anciennes (comme le « dragon », le « paradis perdu »…). Ces images constituent un fond commun à toute l’humanité. Dans chaque individu on les retrouve, en tout temps et en tout lieu, à côté des souvenirs personnels. Ils se manifestent dans les rêves, les délires et les arts picturaux. Jung distingue plusieurs strates dans l’inconscient collectif:

·    1ère couche : c’est l’inconscient individuel.
·    2ème couche : c’est l’inconscient collectif familial auquel on appartient: dans certaines familles il y a par exemple certains chiffres qui reviennent génération après génération.
·    3ème couche : c’est l’inconscient collectif du groupe ethnique et culturel auquel appartient la famille.
·    Au dessus : il y a un inconscient collectif primordial. C’est ce qui est le plus général à l’humanité, comme par exemple la peur commune de l’obscurité,  les instincts… etc. Dans cet inconscient collectif, il y a des structures de base, un code général où cet inconscient s’exprime et ce sont les « archétypes ». Ils puisent dans la matière indifférenciée, le magma, le chaos de l’origine.

Les archétypes : ce sont des structures de base, un cadre général où l’inconscient collectif s’exprime. Ils sont innés, immuables et les mêmes pour tout le monde. Ce sont les contenus de l’inconscient. Les archétypes sont les formes « a priori » de la représentation. Il y a ainsi les archétypes parentaux (Père et Mère), l’anima, l’animus… etc.
·    L’anima : est l’aspect féminin psychique chez l’homme.
·    L’animus : est l’aspect masculin psychique chez la femme.
·    Le Soi : c’est la totalité. Quand cette partie de nous-mêmes a atteint la totalité, elle se prend pour Dieu. Le paranoïaque (être humain s’étant construit un système de relation à l’Autre de type paranoïaque) est un individu qui pense atteindre le Soi . C’est l’inflation pathologique du Soi. On a tous tendance à rechercher l’unité.

Tout le travail de Jung s’est appuyé sur la double question qui domina sa vie: « qu’est-ce que le monde, et qui suis-je? ». L’insuffisance du cadre religieux éclata aux yeux de ce fils de pasteur. Il devina que la réponse se trouvait au-dedans de lui et non au-dehors.
La psychiatrie lui parut offrir un moyen plus propice d’aborder la totalité de l’Homme. Jung a également travaillé sur la recherche alchimique. Il relia ainsi la mythologie, l’archaïque au psychologique: dans la transformation alchimique du fer en or, c’est la transformation de quelque chose en nous que l’on tente. C’est la transformation de la personnalité.

Jung fut avant tout le témoin d’une réalisation interne. Sa méthode psychologique et son œuvre sont les fruits de cette réalisation. Adolescent, il a rencontré sur son chemin la figure fascinante de Zarathoustra, le « messager du surhumain » qui avait conduit à la folie Frédéric Nietzsche, Bâlois d’adoption comme lui. A son tour il s’est vu contraint par le destin d’affronter ce qui est en définitive, l’unique problème de l’âme moderne: l’homme peut-il se surmonter, et par quelle voie?

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